Opportunités en vue

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Quand je vous le dis :
par Martine Montémont

 

 
« Avec un alphabet de 39 lettres, illisible pour les touristes occidentaux, se documenter avant le voyage et s’orienter sur place n’est pas simple. Le guide Petit Futé Arménie est d’une aide précieuse. »

 


Le Caucase arménien est un plateau qui culmine à 1000m sur 90% du territoire. Un formidable terrain de jeu...

Larges vallées, forêts profondes, sommets enneigés de volcans assoupis qui culminent facilement à plus de 5000m et dominent de grandes plaines et des lacs qui sont considérés comme autant de trésors nationaux. Le lac Sevan et le Mont Ararat notamment, dont les Arméniens n’admettront jamais, pour ce dernier, qu’il a été annexé par la Turquie.

Cette nature farouche est émaillée d’abbayes, églises, monastères qui sont autant de témoins d’une histoire défendue avec une admirable ferveur par ses habitants. L’Arménie vaut vraiment le voyage.

L’histoire justement, parlons-en. Les souffrances de ce peuple plusieurs fois martyr, font forcément partie du contexte et exigent un minimum de réserve, de discrétion et d’empathie pour qui leur rend visite. Même s’ils ne songent pas à se plaindre et ouvrent au contraire largement au tourisme leur pays de 30.000 km2 environ (soit 1/10e de ce qu’il était à l’origine) et à peu près 3,2 millions d’habitants. Avec bien sûr quelques approximations dont il faudra forcément tenir compte.

Mayrig pour tout savoir

Aux dires des Arméniens rencontrés sur place, Mayrig, le film d’Henri Verneuil sorti en 1992 raconte le génocide avec une grande justesse. Il constitue une référence pour qui veut en savoir davantage. Par délicatesse, et pour ne pas rentrer dans des postures, nous ne nous étendrons pas sur le sujet, mais les Arméniens tiennent à ce que ça se sache et que l’on n’oublie pas. 


« La diaspora arménienne est nombreuse en France et surtout en Rhône-Alpes. Ce qui est sans doute une des raisons et pas la seule, qui ont incité la compagnie Armenia Fly en à opérer un vol au départ de Lyon Saint Exupéry 2 fois par semaine, lundi et jeudi au moins jusqu’au mois d’octobre. Le projet d’un vol à l’année fait son chemin entre les partenaires. »

  


Pour faire bonne mesure, si l’on ose dire, l’Arménie est une terre volcanique, donc sujette aux tremblements de terre. En 1988, elle a été secouée par un séisme d’importance. Juste avant un autre, géopolitique celui-là,  avec la chute de l’empire soviétique, dont elle faisait partie, à peine un an plus tard.

Évidemment, la plupart des Arméniens, qui ont la chance de parler russe par ailleurs, vous diront qu’il s’agit là d’une autre vallée de larmes. Certains d’entre eux, en revanche, leur reconnaîtront une influence bénéfique sur la conservation des monuments, qu’on leur doit d’exister encore en plutôt bon état et qu'ils n'ont pas dynamitées les églises.

Une ferveur religieuse importante dans une nation laïque

Déjà au Ve siècle, les Perses s’employaient à convertir les Arméniens, chrétiens depuis plus d’un siècle. L’église apostolique arménienne est très vivace et son chef, le Catholicos Karékine II siège à Echmiadzin Cathedral, qui est le « Vatican » arménien. Croulant sous d’interminables travaux, le lieu, ouvert au public est difficilement accessible. Il abrite depuis 2001, par restitution du Vatican, les reliques de Grégoire l’Illuminateur, fondateur du Christianisme en Arménie et dont le peuple s’enorgueillit d’être le premier à avoir effectué cette conversion.

En se baladant dans les jardins, on admirera les khachkar, ces pierres-croix disséminées partout dans la campagne arménienne et qui sont uniques au monde. Ce sont des pierres sculptées que l’on trouve dans les cimetières et les lieux de culte, notamment dans les monastères inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco comme celui de Geghard dans la haute vallée de l’Azat mais aussi sur le bord des routes et qui sont inscrites elles au Patrimoine mondial immatériel de l’Unesco.

Les religieux orthodoxes dans leurs longues robes noires, entendent des fidèles à confesse dans les chapelles creusées à même la roche, les chœurs chantent régulièrement la messe et les bougies qui invoquent les saints présents vacillent dans le noir sous les yeux des croyants abîmés dans la prière. À l’entrée, on peut voir les cellules des moines qui venaient y faire retraite. Impressionnant.

Tout autour, la nature exulte, les cascades d’eau fraîche dévalent les rochers. Les randonneurs explorent des sentiers raides, mais enchanteurs.

Un des uniques sites gréco-romain d’Arménie, le temple Garni est entouré de cette même nature luxuriante et profonde avec ce que l’on appelle « Symphony of the Stones » dans le canyon avoisinant. Secoué dans les années 60 par des tremblements de terre, il a été restauré avec des matériaux provenant à 60% des carrières d’origine.

Tout autour des sites touristiques, par ailleurs heureusement pas noirs de monde, des paysannes tiennent échoppes et proposent d’énormes brioches que l’on appelle « gata », des caramels aux fruits de toutes les couleurs et des crêpes aux fruits.


« Mieux vaut apprécier les feuilles de vigne farcies, les fameux dolmas, on vous en sert à tous les repas et sous différentes formes, avec le fromage en début de repas et le fameux lavash https://armenia.travel/en/lavash le pain plaqué dans un four enterré comme on le confectionne aussi un peu partout dans les pays arabes. La pizza à la viande comme on la prépare à la Pizzeria Mer Taghe à Yerevan fait partie de la base de la nourriture en Arménie. »

  


C’est là aussi que l’on peut faire emplette de duduk une sorte de pipeau en bois d’abricotier dont se servent les musiciens des groupes de musique locaux. Ce qui ne sert strictement à rien dans nos contrées, sinon de souvenir.

Une nature d’une ampleur exceptionnelle

Écharpes, miels sauvages, confitures et même des peaux de renards suspendues aux étals sont proposées à la vente. Ce qui n’indigne personne ici, mais scandalise les touristes occidentaux.

L’occasion de s’intéresser à la faune caucasienne. Ce ne sont pas montagnes qui ressemblent à nos Alpes, ni même aux Pyrénées, pas davantage à la chaîne des Puys d’Auvergne. Les vallées profondes sont le domaine des loups, des renards et des ours noirs. Et s’il existe quelques stations de ski, des resorts d’activités de montagne avec d’interminables tyroliennes qu’adore une jeunesse qui n’a peur de rien, dans l’ensemble la nature est relativement intacte.

À Apaga Resort, par exemple. Très bien équipé et ouvert toute l’année et dont un des charmes est son accès assez improbable même en été, il y a pas mal de jeunes Russes qui viennent là jouer à se faire peur. L’expédition à bord d’un vieux camion de l’armée russe, équipé de ceintures de sécurité hors d’usage, piloté par un genre de cosaque du 21e siècle qui cherche les trous, les bosses, frôle le précipice pour que les amateurs de sensations fortes totalement écervelés en aient pour leur argent, a quelque chose d’assez surréaliste. D’autant qu’ils préviennent à peine ceux qui s’installent à bord. En plus, le camion empeste la nature avec ses gaz d’échappements. Misère !


« Bon à savoir. Si les hôtels internationaux d’Erevan proposent le wi fi gratuit, les communications, y compris les SMS sont hors de prix et il suffit juste d’allumer son mobile à l’arrivée et de prendre 2 minutes pour supprimer l’itinérance des données, - ce qu’il vaut mieux faire avant le départ -, pour se prendre une facture de plus de 60€ chez des opérateurs (tous sans exception) qui en profitent pour faire leur beurre. Sur place, on peut se procurer une carte SIM prépayée U.com. Il existe trois formules, de 1 à 5 GB qui coûtent entre 1000 et 3000 AMD soit en gros entre 2 et 5 €. Pour 1 €, on obtient environ 540 dram, la monnaie locale.. »

  


Toujours dans l’esprit de ferveur qui entoure les trésors naturels de l’Arménie, il y a le Lac Sevan. Un plan d’eau douce, bien martyrisé à l’époque soviétique, vénéré par les Arméniens qui se consolent avec lui de l’appropriation de leur Mont Ararat par les Turcs.

Maltraité et asséché partiellement à l’image de la mer d’Aral, son niveau remonte depuis quelques années. Ce qui n’est pas sans poser de problèmes pour les îles artificielles et les constructions de l’époque qui se retrouvent les pieds dans l’eau.

En surplomb du lac et avec une vue impressionnante qui porte jusqu’au sommet du Mont Aragats (4095m) devenu le plus haut d’Arménie, il y a l’église d’Hayravank et les ruines d’un temple païen. Construite au IXème siècle et agrandie au XIIe, elle a été secouée à plusieurs reprises par les tremblements de terre. Ainsi va l’histoire et la vie en Arménie…

Champs fauchés à la main et art contemporain 

Dès que l’on quitte les faubourgs d’Erevan et que l’on gagne la campagne, on voit évoluer, y compris sur la chaussée, les petites vaches locales et la route est bordée par les pipe-lines en plein air – parfaite illustration de la sécurité qui règne en Arménie, - on n’oserait jamais laisser ainsi les conduites de gaz à disposition des malfaisants chez nous. Dans les champs et sur les pentes abruptes, les paysans fauchent à la main et nous renvoient ainsi 2 siècles en arrière.

Alors même qu’à Erevan, le plus beau point de vue sur le Mont Ararat se trouve au sommet du Cafejian, le Center of Arts qui surplombe un parc dans lequel des statues monumentales sont installées. Elles sont signées Fernando Botero, Jaume Plensa, Barry Flanagan. En escaladant les marches qui montent jusqu’au sommet avec des galeries d’art contemporain à tous les niveaux, on découvre, sur la gauche, une grande maison moderne. Elle a été offerte par l’Arménie à Charles Aznavour. Ce qui en dit long sur le lien que cette nation entretient avec un de ses enfants les plus célèbres et avec la France qui l’a accueilli.

 

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