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Quand je vous le dis :
par Martine Montémont

 

 
« Je ne suis pas une petite nature mais, au détour d’une allée, un avertissement signale que le public peut être choqué par certaines œuvres. Fred Deux avait l’obsession du corps et un formidable lien à l’organique. Certains dessins sont proprement suffocants.. »


Il est beaucoup moins facile pour attirer les visiteurs et ainsi augmenter son nombre d’entrées, d’organiser une exposition de Fred Deux que de présenter des artistes comme Monet, Gauguin et les grands Impressionnistes qui emballent le public...

Et pourtant, en organisant jusqu’au 8 janvier « Le Monde de Fred Deux », la plus grande exposition qui lui ait jamais été consacrée, le musée des Beaux-Arts de Lyon est totalement dans son rôle.

L’artiste est peu connu et s’il faut justifier qu’il soit exposé à Lyon plus qu’ailleurs, on évoquera son installation dans l’Ain à Lacoux avec Cécile Reims sa compagne.

Très malade, il est à la fois tuberculeux et grandement dépressif, il s’éteindra pourtant en 2015 à l’âge de 91 ans et livrera toutefois, comme dans l’urgence, une œuvre prolifique. Il ne cesse de dessiner et il est profondément habité. Il a une préférence pour le papier Japon nacré si fragile qu’il dessine par petites surfaces pour protéger son support. Son œuvre est dans sa tête et le résultat est conforme à l’imaginaire.

Cet artiste étrange est obsédé par une enfance misérable entouré de rats et étoffé par les murs de la cave où vivait sa famille. Ses hallucinations dessinées sont autant de dessins polyphoniques, totalement imprévisibles chez un personnage qui n’aura reçu initialement aucune éducation. Il découvrira la lecture quand, employé dans une librairie à Marseille, il dévorera les rayons par ordre alphabétique et sera révélé par l’œuvre de Paul Klee dans un catalogue que lui commande un client.

Tour à tour écrivain – on lui doit La Gana, roman fondateur portant sur son enfance -, collectionneur d’œuvres africaines et océanistes qu’il compare aux siennes, graveur avec Cécile Reims, il se rapproche des Surréalistes, mais ne restera pas avec eux.

Cécile Reims qui est toujours de ce monde pourrait honorer l’exposition de sa présence.

 

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