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LA FRANCE, C'EST TENDANCE ! Imprimer Email
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Samedi, 19 Septembre 2009 09:16

Une fois de plus, les Journées Européennes du Patrimoine auront connu un grand succès. Envolée la simple curiosité d'aller explorer l'Elysée et de chercher à espionner le lit du Président (déception assurée...). Désormais, on regarde près de chez soi. Ce que j'aurai fait moi-même en allant faire un tour à l'exposition de la belle époque de l'Automobile aux Brotteaux dans mon quartier à Lyon.

L'avantage de la formule, c'est que les JDP sont comme la Nuit des Musées, un rendez-vous qui fait que les acteurs de l'événement imaginent manifestations, ateliers, scénographies, mises en scène et pas mal de gratuités.

Le patrimoine en sort grandi, mieux valorisé, dépoussiéré, mis en lumière. Mais après... Il est urgent de nous réapproprier nos merveilles et de les faire vivre en allant les admirer. Pour s'aider à très bien le faire, on se procurera, en Rhône-Alpes, le Livre du Patrimoine publié chaque année depuis 10 ans et qui établit une sorte de "Musée Imaginaire" de la région.

Il ne s'agit pas d'en laisser seulement la charge aux intellectuels et artistes étrangers. Je pense à cet égard au portrait du chef d'orchestre William Christie, paru dans le Nouvel Observateur du 17 septembre 2009 et qui confie que : "Les Français ont une haute opinion d'eux-mêmes. Et c'est bien. Parfois, ils ne savent pas pourquoi, c'est le problème. Ils ont à gérer un énorme bagage culturel, et ils perdent tout le temps leurs valises. Nous sommes les porteurs". Ce qui est valable pour la musique baroque, l'est tout autant pour tous les arts, les musées, les bâtiments.

Tout ça pour dire que, sans négliger quelques merveilles du monde et d'enrichissantes rencontres dont je compte bien continuer à vous parler, depuis la crise, la France, c'est tendance. Pourquoi diable se rendre en files organisées admirer les chutes du Niagara quand on n'a jamais mis les pieds au Mont Saint Michel. Cet été, je suis retournée dans la vallée de la Loire pour revoir quelques châteaux que mes parents m'avaient fait découvrir quand j'étais petite et qui ont depuis bien alimenté mes rêves.

Oeil d'adulte donc sur Villandry et un nombre impressionnants de cars, allemands entre autres, (reconnaissables non pas à leur immatriculation, mais aux participants qui mordaient dans une tranche de pain noir avec une saucisse de Francfort à l'heure du déjeuner). L'occasion impromptue et sage de préférer s'installer à la Doulce Terrasse, restaurant à l'entrée du château, devant une coupe de Vouvray pétillant et quelques amuse-bouche et de se dire que l'on reviendra une autre fois. Les châteaux de la Loire sont ouverts toute l'année !

Même expérience le lendemain à Chenonceaux et petit stop au restaurant Le Bon Laboureur. On a vraiment intérêt à choisir ce genre d'établissement pour la pause déjeuner. A 30EUR sur le pouce avec une entrée, un plat et un dessert, on bénéficie de tout le savoir-faire d'un excellent chef dans un cadre idéal et reposant. Bien mieux et pas plus cher que tous les estancos qui sont installés autour du château , sûrs de récupérer des touristes égarés et affamés.

C'est au château de Langeais que nous avons pu bénéficier d'un grand moment de tranquillité pour parcourir les 15 salles, très bien meublées. Il a beaucoup changé depuis une vingtaine d'années et il est particulièrement intéressant en ce sens qu'il est une idéale transition entre le Moyen Age et la Renaissance. Louis XI ne l'a pas achevé, mais il y a marié son fils, Charles VIII.

Du moins est-ce sa fille Anne de Beaujeu, martyrisée par la loi salique qui a marié son frère devenu roi après avoir assuré une régence des plus dignes. Il a épousé Anne de Bretagne le 6 décembre 1491 aux petites heures du matin et la scénographie de reconstitution est saisissante. Il ne faisait pas bon être reine ou duchesse à cette époque où la raison d'état dominait toutes les autres et il est bien triste le visage des mariés.

En parcourant le château, on découvre salles à manger, chambres à coucher, costumes d'époque et une boutique joliment achalandée. Je regrette à l'instant même de ne pas avoir fait l'acquisition de boucles d'oreilles copiées sur celles que portaient les gentes dames en cette fin du Moyen Age. Elles sont tellement contemporaines. Ou encore de tapisseries comme celles, en moins imposantes, qui couvrent les murs du château. Notamment dans la Salle des Preux, qui abrite une série unique en France de sept tapisseries des héros de l'époque médiévale. Ne pas oublier aussi de s'égarer dans les jardins et le parc soigneusement entretenus et fort séduisants pour la reconstitution du chantier de construction des bâtisseurs l'an Mil et pour les enfants qui peuvent aller explorer des cabanes dans les arbres.

Pour profiter mieux encore du château de Langeais, s'installer juste avant la levée du pont-levis (9h ou 9h1/2 suivant la saison) et déguster un excellent petit déjeuner à la Maison de Rabelais, salon de thé, pâtisserie chocolaterie tenue par Emmanuel Errard, le fils des hôteliers installés un peu plus loin. Ne pas oublier, à l'occasion de faire emplette de poires tapées spécialités régionales à déguster sous de multiples formes et particulièrement avec du gibier.


 
 

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Le défilé des compagnies et des amateurs qui clôture tous les 2 ans la Biennale de la Danse à Lyon, est considéré par Guy Darmet, son fondateur en 1984 et directeur de la Maison de la Danse, comme une apothéose. Avec plus de 4500 participants dans les rues de Lyon, il a atteint son but: celui de faire aimer la danse au plus grand nombre. Formidable objectif. Depuis sa création, la Maison de la Danse a accueilli les plus prestigieuses compagnies, fait faire leurs premiers pas aux plus illustres chorégraphes. Le titre de "capitale mondiale de la danse" attribuée à Lyon à la suite des efforts de Guy Darmet n'est pas usurpé. Il passera la main après la Biennale de 2012 à Dominique Hervieux, mais il reste, en attendant, le maître d'oeuvre de cette édition 2010, la 14ème du 9 septembre au 3 octobre, qu'il définit lui-même comme "un oiseau libre" sans thème, sinon qu'elle proclame "Encore" avec gourmandise et organise le défilé "ce joyau festif" sur le thème "La Vie en Rose". Universellement universel. Parmi les nombreuses compagnies présentes et les 17 (!) créations co-produites de l'édition 2010, il faut retenir la présence, pour sa première invitation à la Biennale, du Tanztheater de Wuppertal de la grande Pina Bausch. Une des chorégraphes majeures du XXème siècle qui a disparu en 2009. Pour la première fois en France, on pourra admirer les danseurs virtuoses de la compagnie américaine Alvin Ailey 2 sur la musique des Tambours du Bronx. Autre temps fort avec le ballet d'Angelin Preljocaj et le Théâtre du Bolchoï qui signifie quelque chose, même pour ceux qui ignorent le monde de la danse. Et c'est pareil pour le "Sacre du Printemps" par les Ballets de Monte Carlo. Guy Darmet sait utiliser ce genre de notoriété pour faire aimer la danse. Last, but not least le "Balé de Rua", une compagnie brésilienne programmée à la salle 3000 en fin de festival. Avant le Défilé dans les rues de Lyon le 12 septembre. Dress code rose pour tous. Evidemment!
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