|
Ecrit par
|
|
Samedi, 14 Novembre 2009 03:22 |
|
|
Imaginez dans une vitrine, une coquille de noix, une vraie, et une toute petite boule blanche qui ne dépasse pas de cette demi-coquille et qui n'attend plus que d'être recouverte de l'autre moitié de la coque pour faire une espièglerie. C'est ainsi que la Marquise de Sévigné reçu un jour un beau panier de grosses noix qui contenaient, certes des fruits, mais aussi dans certaines d'entre elles, un gant qui allait de pair avec un autre dissimulé de la même façon et qui ne tenait pas plus de place qu'un cerneau. La surprise était délicate. La Marquise fut enchantée.
Le gant, défroissé, figure à côté de son frère, il est réalisé dans une peau délicate et très, très fine. C'est un des plus beaux objets de l'exposition Dans la peau du gant qui se tient au Musée Historique des Tissus et des Arts Décoratifs de Lyon jusqu'au 28 mars 2010.
|
Evidemment, le musée est bien placé pour parler gant. Il en possède de nombreux et des rares dans ses collections, dont la plus ancienne, une paire de mitaines en soie tricotée du 15ème siècle et une paire de gants de dame à crispins, merveille très richement ornée et très bien conservée qui date du 17ème siècle.
Pour réaliser cette exposition de 350 pièces, la maison Hermès et le musée de la ville de Millau ont rejoint le projet. Tous possèdent aussi de vraies raretés. Il faut également compter avec 4 paires de gants prêtées par Jean Strazzeri, Meilleur Ouvrier de France, de la maison Lesdiguières Barnier à Grenoble, ville qui fut autrefois la capitale du gant et qui possède toujours un musée. Avant de se faire ravir sa place par la ville aveyronnaise, ses artisans ont tout inventé en matière de gant. Les "calibres emporte-pièces" et "la main de fer" de Xavier Jouvin en 1834, qui ont permis l'industrialisation de la profession.
Mais si Millau s'est développée dans cette industrie, c'est aussi qu'elle ne manque pas de matière première. Le Causse est idéal pour élever des moutons et pour que les brebis donnent le maximum de lait que nécessite la fabrication du Roquefort (âmes sensibles s'abstenir...), il faut que les agneaux soient séparés dès l'âge d'un mois. Ce qui donnent des peaux évidemment fines et exceptionnelles.
Bien entendu, l'exposition montre les savoir-faire et le travail, assez ingrat faut-il le préciser, du nettoyage, du tannage, de l'extension de la peau dans un sens et pas un autre, et de tous les traitements avant de passer à la découpe, au montage et aux finitions.
Désormais, les manufactures de gants ne sont plus qu'au nombre de 31 à Millau. Parmi celles-ci, la maison Causse a largement contribué à l'exposition et évolue dans les hautes sphères du raffinement, grâce à Nadine Carel et Manuel Rubio, un tandem de créateurs qui a rejoint l'entreprise familiale en 2003. Ils travaillent avec Chanel, Yves Saint-Laurent, Givenchy, Fendi et ont obtenu le prix de l'Association Nationale pour le Développement des Arts de la Mode, créé par Pierre Bergé. Dans leurs clientes ils comptent Madonna ou encore Kylie Minogue. La Maison Causse fait partie du collectif du Cuir Aveyronnais qui propose des visites aux touristes qui viennent admirer le viaduc.
Parmi les curiosités spectaculaires de l'exposition, on citera les gants des poupées des princesses d'Angleterre et le gant de Buffalo Bill, prêté par le Musée de Millau. Mais toute l'expo raconte le gant. Celui que l'on jette à la face du gentilhomme avec lequel on souhaite en découdre sur le pré, celui des évêques et des grands monarques, témoins de leur puissance. Celui que Rita Hayworth, ou plutôt Gilda, retire voluptueusement. Les mitaines que l'on porte pour conduire, à l'avènement de l'automobile, et celles que Karl Lagerfeld ne quitte guère.
Anne d'Autriche en possédait 347 paires - (même pas une par jour soit dit en passant...) - et Joséphine ne portait jamais 2 fois la même ! Si les gants des élégantes qui protégeaient leurs mains du soleil et du froid et ne montraient, quand elles les quittaient, qu'une main d'ivoire étaient naturellement en peau, ils étaient aussi en soie et en bien d'autres matières suivant leur destination.
En latex très fin, sur la main des chirurgiens et des experts en police scientifique et à l'inverse, en quelque matière que ce soit pourvu que le cambrioleur ne laisse pas ses empreintes digitales. Ignifugés, ils protègent les mains des pompiers. Les boules de cuir des boxeurs et ceux du gardien de but qui récupère les boulets de canon des attaquants au football, ont quant à eux vraiment besoin d'être résistants.
On ne le verra pas dans l'exposition, mais le fameux gant de Michaël Jackson a été vendu 34.200 euros aux enchères. A ce prix-là, heureusement qu'il n'en portait qu'un seul ! |
|
|
|
Bons Plans & Codes Promos

Tous les 5 ans, Eric Oboeuf a fait comme les autres directeurs du groupe Accor, il a manifesté son souhait de quitter son poste, Sofitel Lyon Bellecour en l'occurrence pour aller voir ailleurs s'il y était. La réponse du président Gérard Pélisson était formelle, c'était non. Il faut dire que la famille Pélisson est originaire de Lyon (Accor a même été sponsor de l'Olympique Lyonnais avant que la rigueur des temps ne l'oblige à réduire la voilure...) et qu'il était essentiel que Sofitel Lyon soit entre les mains d'une personne de confiance. Au fil des 21 ans donc, pendant lesquels Eric a présidé aux destinées de ce bateau amiral de la marque, il a organisé, à la suite de son prédécesseur Lucien Chapat, les soirées "crêpes" de Sofitel à la Chandeleur avec 150 invités au départ et plus de 600 cette année. D'Eric Oboeuf, on dit que c'est lui qui a amené son hôtel à la certification 5 étoiles. Ce modeste exigeant rectifie. Il n'est pas difficile d'obtenir ce genre de promotion si on y met les moyens et Accor a signé le budget pour toute la rénovation et la mise aux normes d'excellence. Il dit s'être juste contenté d'orienter les travaux. En revanche, son titre de gloire, c'est l'étoile Michelin que Bernard Naegelen, le directeur d'alors refusait d'attribuer à des hôtels "de chaîne" soient-ils très haut de gamme. Le conseil d'Alain Senderens auprès du chef Alain Deville a fait changer d'avis le Guide Rouge. Mais une seconde étoile n'aurait pas été imméritée. Parmi les grands souvenirs d'Eric Oboeuf il y a le G7 à Lyon avec Bill Clinton et toute la délégation américaine qui comptait tout de même 800 personnes. Il se souvient n'avoir pas pu dormir pendant 72 heures et ne regrette rien. Et il y a les petits détails de tous les jours. Les Lyonnais, grands clients du Sofishop, la brasserie à l'américaine du Sofitel qu'il a fallu habituer à son nouveau nom "Le Silk". Mais tous sont restés fidèles et certains ont même demandé à racheter les boules de la décoration parce que c'était sous l'une d'entre elles qu'ils avaient demandé leur femme en mariage, appris qu'ils allaient être papa et autres belles choses de la vie. Il y a aussi ce genre de minuscules détails comme cette mise au point avec un taxi qui l'avait "baladé" dans Lyon, histoire de corser le prix de la course et auquel il a dit en arrivant devant l'hôtel que son numéro de taxi était désormais blacklisté à la réception. Dure journée pour le chauffeur indélicat... Les 20 ans d'Eric Oboeuf sont ainsi faits de vigilance et d'enthousiasme de tous les instants. Son successeur Silvio Iacovino qui vient de Sofitel Luxembourg, sait comment faire... Ajoutez ce flux RSS à votre lecteur préféré
|
|
|
|